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Les petits métiers au Viêtnam

Tháng Mười 19, 2012

Les petits métiers, en ville, au Vietnam.

Légendes des photos quelques pages plus loin, ici:

https://huynhmai.org/2012/10/17/mot-chuyen-ve-que-3/

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Les petits métiers existent partout au monde. Ils sont pratiqués, la plupart du temps, par des immigrants. A Rome, récemment, un jour de pluie, à la sortie de mon hôtel, un marchand de parapluies me proposait des spécimens à 3 euros la pièce, c’est à dire à un prix qu’on ne peut refuser, pour ne pas être mouillé !
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Je quittais le Vietnam, une quarantaine d’années auparavant, avec une chanson de Phạm Đình Chương en tête : “… Vous savez, mon pays est tellement pauvre qu’en hiver, il nous manque de vêtements et qu’en été, de quoi manger…”
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Cette pauvreté, au moins en partie, m’a motivée à m’intéresser au droit social puis aux inégalités sociales en sociologie.
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Plus tard, mes enfants ont plus de chances que moi mais je n’ai jamais cessé de leur dire qu’il existe des gens qui vivent dans des conditions pénibles :  le quart-monde en Europe, ou le commun des mortels en Afrique, pour ne citer que ces deux cas.
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Actuellement, le Vietnam est sorti du “sous-développement”, en PNB/habitant, il se classe parmi les pays de développement “moyen”. Il existe, en outre, des grandes fortunes au Vietnam.
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Toutefois, partout où j’ai mis les pieds, lors de mes derniers voyages, je vois des “pauvres”, des gens dont les conditions d’existences sont pénibles. Une si grande pénibilité qui côtoie les signes ostentatoires des nouveaux riches est insupportable. Et pourtant, la plupart de ces personnes “pauvres” ne se plaint pas. Vivent-ils leurs conditions comme une fatalité ?
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Le balai et le panier à ordures, on les voit toujours dans Sài gòn, une ville magnifique de richesse et de modernité. Ils sont là, comme ils y étaient quatre décennies auparavant, à l’époque où je vivais encore dans cette ville. Un balai en “bông lao”, moins raide, sert à nettoyer dans un Centre de Congrès ultra-moderne ou devant un hôtel. Un balai avec un manche plus longue est l’instrument de nettoyage des chaussées et la nettoyeuse est une femme, … Dans les hôtels 5 étoiles, ces balais sont remplacés par des touffes de chiffons un peu plus “modernes” – mais les tensions de travail y sont peut être un peu plus grandes.

J’ai pu photographier un camion ramasseur d’ordures à Hội An, un camion qui ressemble aux nôtres en Europe.

Au fond, en général, assurer la propreté des villes et/ou des bâtiments au Vietnam reste encore un service qui demande beaucoup de main-d’oeuvre manuelle. Et ces travailleurs ne sont pas encore très bien équipés partout.
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Parmi d’autres métiers modestes, j’aime beaucoup celui de la fleuriste : au moins elle peut “vivre” toute la journée avec les parfums et la beauté de ses marchandises, …Mais c’est elle surtout qui se plaint car elle doit se lever tôt pour aller s’approvisionner sur les marchés matinaux. Elle doit ensuite trouver des moyens pour, constamment, arroser ses fleurs qui se fannent vite sous le soleil ardent. Toute la journée, elle guette les clients de qui le repas du soir de sa famille dépend.

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“On mange ce qu’on gagne le jour même” est la situation des gens qui exercent les petits métiers que j’ai rencontrés. Dans cette situation, comment envisager l’avenir ? C’est le cas des marchandes de fruits, de celui qui débite un grand fruit de  jacquier en pleine chaussée, de la marchande de viande et de quelques légumes, du livreur des blocs de glace, …  Leur “commerce” ne demande pas de “gros capitaux de départ”,  ils  “échangent leur labeur contre quelques bénéfices”…  En apprenant leurs conditions de vie, je dois vider de ma tête  toutes les  notions, économiques et/ou sociales, les plus élémentaires, telles que l’amortissement, pertes et profits, chômage, pension, …

Ces travailleurs  vivent tous d’une économie de survie ou un chômage déguisé. Les sociologues qualifient leur situation de précarité, une précarité acceptée qui dure et qui risque de se transmettre de père en fils …

J’ai aussi vu une  autre personne  qui porte son “magasin” sur son épaule : beaucoup d’objets y sont exposés : des lunettes de toutes les sortes, des briquets (le tabagisme est plus fréquent au Vietnam qu’en Europe), les lampes à pile, les stylos et bics, les calculatrices, …. Sans compter ce qu’on aurait pu voir… au verso de son étalage qui figure sur la photo !
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J’étais très touchée par la photo d’une femme enceinte conduisant, à une main, son vélo. L’autre main soutient un plateau avec un grand bol de soupe et quelques autres petits plats.
C’est un coursier qui assure la livraison d’un restaurant sans doute…
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Les contrastes font souvent poser des questions : La photo qui suit montre un homme, avec paniers et palanche sous un soleil ardent et  passant devant une boutique “Hạnh Phúc” “Happy”. Qui parle de bonheur ?
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J’ai encore rencontré beaucoup d’autres personnes. La misère du monde…
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Nguyễn Huỳnh Mai

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