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Racines …

Tháng Hai 19, 2013

Aujourd’hui, au cours d’une conversation en ligne, j’ai dit à mon fils qu’il faut «manger pour vivre et non pas vivre pour manger» (ăn để mà sống chứ không phải sống để ăn) – une expression qui provient de Molière (dans l’Avare) mais qui traduit aussi l’austérité que les sages autrefois au Vietnam s’imposaient à eux, l’équivalent sans doute du stoïcisme (?) dans la philosophie grecque. Molière n’est peut être pas le premier à l’avoir écrit…

Dans tous les cas, ce petit bout de phrase nous a appris à ne pas être gourmand, à «mépriser» ce qui est du plaisir gastronomique et autres pour se consacrer à d’autres tâches, d’autres «valeurs».

C’était dans ce bain de morale que j’ai grandi.

Mon fils m’encourage, une fois de plus, à noter mes expressions.

Il est vrai que j’utilise souvent des proverbes et des expressions populaires vietnamiennes dans la vie de tous les jours.

Récemment, fatiguée d’un dossier compliqué mais je ne voulais pas l’abandonner en me disant «đã trót leo lên lưng cọp» (une fois sur le dos du tigre, si on descend maintenant, on serait mangé par le fauve, on n’a donc pas de choix, la meilleure solution est de continuer) ou encore «il faut suivre la lancée du javelot», moi, qui déteste les armes …(phải theo lao !).

Ainsi, sans vouloir, mon style, en français, est «fleuri» et ma famille est médusée chaque fois que je sors une expression inattendue…

OK, je vais me mettre à noter.

Au rythme d’une expression par jour et supposons qu’il me restent dix ans de vie : mon héritage serait de 3650 expressions, un chiffre plutôt coquet !

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La vie et les projets

Immigrante, en partant des mains vides, en épousant un étudiant, j’ai dû tout construire. Mon époux ne peut pas non plus compter sur le soutien de ses parents. Plus d’une fois nous devons faire face aux difficultés. Chute puis poursuite.

La devise

Đường đi khó không khó vì ngăn sông cách núi mà khó vì lòng người ngại núi e sông – Un chemin difficile n’est pas difficile parce qu’il est parsemé de montagnes et de fleuves.  Il l’est parce que  l’homme a peur des obtacles –

a éclairé notre route.

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Notre maison

Depuis vingt ans, nous vivons dans notre maison. Elle sera sans doute notre dernière demeure avant la maison de repos ou jusqu’à notre mort.

Notre maison a demandé beaucoup d’aménagements. Le bois, sauvage à notre arrivée, petit à petit, devient apprivoisé. Il y a moins de ronces, nous avons planté quelques arbres de jardin d’agrément pour les environnements immédiats de la maisons, nous avons beaucoup courru contre l’invasion des mauvaises herbes, tout en laissant, dans le fond du bois,  un espace sauvage où nous pouvons enfouir sans problème nos déchets végétaux pour les transformer en compost.

Munie des bottes laissées par mon fils aîné, j’ai silloné le bois et

Đi mãi thì thành đường – A force de passer, le chemin se trace

Nous avons ainsi un coin de verger (avec des cassissiers notamment), un coin nursery où je couve mes plantes avant de les mettre en terre et un petit filet d’eau qui surgit, comme cela, et zig-zague à travers l’espace.

Le bois devient familier pour nous. Mais avant cela, des dizaines de fois j’ai dû m’encourager en disant chân cứng đá mềm – les pieds sont plus durs que la pierre – je dois donc la vaincre.

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