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L’émeraude

Tháng Hai 28, 2013

L’Occident, aussi pragmatique ou matérialiste comme on peut penser, possède des valeurs profondes.

Fidèle à son conjoint est une de ces valeurs. Les occidentaux nomment les anniversaires de mariage et ont l’habitude de fêter certains. Les 25 ans par exemple, qu’ils nomment les noces d’argent. Ou encore les 50 ans, les noces d’or et les 60 ans ou les noces de diamant.

Ma famille est plutôt allergique aux fêtes. Nous détestons les formes et valorisons les «choses» profondes. Ainsi, nous n’avons pas fêté nos 60 ans (mes enfants ont réuni quelques unes de mes amies à cette occasion en me faisant la surprise tandis que mon époux, il leur a formellement interdit de faire cette fête), nous avons oublié nos noces d’argent. Jusqu’à présent, nous n’organisons que les anniversaires des enfants quand ils étaient petits et maintenant, nous continuons avec ceux de nos petits enfants.

Fêter les anniversaires des enfants était presqu’incontournable car nos enfants devaient vivre en société pour ne pas être déviants par rapport à leurs amis et camarades. Pour eux, l’anniversaire rythme leur temps, leur vie. D’ailleurs, mon cadet, un jour, vers l’âge de 3, 4 ans, souffrant de son statut du «plus petit de la famille» m’a demandé «Maman, organise tous mes anniversaires pour que je grandisse vite».

Tout cela, c’est ma cuisine interne.

Mais, une chose indéniable : mon époux et moi, nous avons vécu 40 ans ensemble. 40 ans avec des bonheurs et des difficultés… A partir de rien, avec des mains vides, nous avons créé notre monde.

Et déjà nos enfants sont autonomes. Ils “volent avec leurs propres ailes” comme on dit en français et en  vietnamien.

Nous avons donc acheté une émeraude pour nos 40 ans de mariage. Une fois n’est pas coutume.

Ce matin, avec l’émeraude en main, je reste pensive.

40 ans, comme un tic tac d’horloge et des tas d’images m’envahissent : nous nous marions, nous continuons nos études et nos spécialités,  nous cherchons du travail, nous accueillons nos trois enfants, puis des séjours d’études à l’étranger, l’achat de notre maison, le service militaire, …Des joies éclatantes comme des fois où nous avons dû “serrer les dents” pour franchir les peines.

Beaucoup d’événements privés, «microsociologiques», dans une société en plein mutation : celle de l’après mai 1968 avec la libération des femmes et les droits des jeunes étudiants qui luttent pour une société plus égalitaire. Puis la première crise pétrolière qui survient en 1973 et la perspective de fin de la prospérité pour les Occidentaux. Ensuite, l’achèvement de la guerre du Việt Nam en 1975 est aussi un grand événement. La chute du mur de Berlin en 1989, et les crises économiques successives … Beaucoup d’eau ont coulé sous les ponts !

Nos enfants, dont nous sommes fiers, petit à petit, sont devenus grands et quittent le toit parental.  Et tout d’un coup, je me retrouve seule.

«Désormais, à la maison, il ne reste plus que moi

 seule, dans un grand espace sous le toit» …,

Je «savoure» les significations du phénomène du «nid vide» en retrouvant et  en recréant la vie à deux avec mon époux.

Mon mari et moi, nous sommes donc ensemble depuis 40 ans et nous continuons à produire de l’ ocytocine l’un pour l’autre.

Nguyen Huynh Mai

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