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Saigon, le trajet des larmes

Tháng Mười Hai 12, 2017

 

Si vous avez un peu de temps, brossez ces deux liens pour avoir quelques flashs du spectacle

http://www.festival-avignon.com/fr/spectacles/2017/saigon

https://www.mc2grenoble.fr/spectacle/saigon/

Saigon, c’est le nom de la pièce, écrite et mise en scène par Caroline Guiela Nguyen. Tout se passe en deux temps 1956 et 1996. Mais beaucoup de choses se mêlent entre ces deux repères chronologiques.

D’abord, la fin de la guerre d’Indochine. Pour, enfin, le retour de Hào au Vietnam là où il est plus étranger que les étrangers – il ne conprend même plus la langue parlée.

La grande histoire de 1956 avec Dien Biên Phu le retrait des soldats français on le sait. Mais ce qu’on sait moins c’est le retour non glorieux des anciens soldats français. Ou encore l’émigration de certains vietnamiens (ceux qui sont arrachés à leur terre natale en laissant sur place un ou une amoureux(se) parfois). Ceux-ci  deviennent des viet kieu (vietnamiens de l’étranger) avec la nécessité de survie dans le pays d’accueil – ouvrir un restaurant devient le formule adopté par certains.

Et ce restaurant vietnamien qui  est la scène des trajets de larmes, de mal être de toutes les natures, du passé qu’on ne parvient pas à enterrer et cela se transmet à la génération suivante: Ceux de cette génération là grandissent en France mais continuent à vivre avec les fantômes du Việt Nam comme si 1956 et 1996 se conjuguent au présent.

D’ailleurs la pièce passe presque d’un repère chronologique à l’autre, du ViệtNam à quelque part en France, à Paris. Tantôt en français tantôt en vietnamien – les cris du coeur s’expriment mieux en langue maternelle –.

Pour les spectateurs francophone, le surtitrage dépanne.

Un point immuable pourtant: Marie Antoinette, la restauratrice, qui s’active dans son arrière cuisine. Encore que elle n’est pas simple spectatrice des événements: elle aussi, elle a perdu un fils dans la guerre, on ne sait pas où, quelque part en France ou sur le bateau qui l’a amené vers la France.

Sinon, c’est l’histoire d’Edouard, de l’armée en déroute qui en 1956 doit rentrer en France avec son amoureuse Thúy. Antoine, leur enfant, quarante ans après vit avec sa mère, une veuve qui aime son enfant, un peu envahissante, comme le cas de beaucoup de mères vietnamiennes

C’est aussi l’histoire de Hào qui a dû quitter Mai pour s’êmigrer vers la France. La fin de la guerre d’Indochine crée des répercussions sur des simples gens que la grande histoire ignore. Hào s’est ensuite marié presque malgré lui. il a une fille mais reste quelque part inconsolable – la nostalgie du pays ou la nostalgie du premier amour?

Les français d’Indochine, même rentrés au pays restent hantés par l’expérience indochinoise… Ceux là, personne ne se soucie d’eux non plus.

Ce sont, après tout, des histoires banales mais ici, la beauté c’est le langage de l’intime.

La passivité de Lam, l’aide cuisinière et narratrice de temps en temps. La quasi violence du soldat français le jour où l’armée coloniale doit s’évacuer, la fierté de Hào qui refuse de l’aide. Cette fierté se retrouve, quarante ans plus tard, chez des jeunes vietnamiens à qui Hào, devenu việt kiều, de retour au pays, voulait donner de l’argent.

Pour traduire de l’intime en langage théâtral, la metteuse en scène mise sur le détail, peu de mot mais rien n’est oublié par exemple déjà la taille des acteurs, l’expression du visage, la langue fait beacoup aussi, à commencer par l’accent – la restauratrice a un accent franco-vietnamien typique.

Les cris, les plaintes en việtnamien, même surtitrés, ont un poids tout autre avec sa musicalité et son effet de surprise.

Sinon, la scène donne une vision panoramique où rien ne manque: l’arrière cuisine de Marie Antoinette, le comptoir, son frigo – avec des noix de coco fraiches dedans – les tables, les chaises, les fleurs en plastique et les néons fluo. Ces néons qui éclairent l’estrade pour le karaoké car l’intime s’exprime aussi avec Trinh công Sơn, Sylvie Vartan et des chansons du folklore.

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Il y a des morceaux d’âme de soi que chaque spectateur peut trouver dans les détails sur scène. Moi-même, j’y perçois le mal être de l’exilé.

 

Nguyễn Huỳnh Mai

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